CHAPITRE X.
426
sie, Beaumont, Sauriac, Ilubin de Guer ; ils avaient eupour refuser la liberté offerte, des motifs respectablesquoique empreints d’exagération. Ils avaient pensé qu'ilsdevaient au parti, qu’ils se devaient à eux-mêmes dedéshonorer, à force de constance, la persécution dont ilsétaient victimes. La gloire du combat leur étant dérobée,ils embrassaient avidement celle du martyre. D'ailleurs,ils ne pouvaient se persuader que la police eût ignoréjusqu’à la fin les préparatifs de l’évasion, et ils ne voyaientdans cette négligence, suivanteux, calculée, qu’unmoyend’alléger à la pairie le fardeau de sa tâche judiciaire.
Mais la Cour des pairs ne tarda pas à montrer que,pour s’épargner les embarras, elle n’avait nul besoin dusecours de la police. Se fondant sur la résistance opiniâtredes accusés lyonnais, M. Martin (du Nord) avait conclu àce qu’on les jugeât sur pièces, s’il le fallait : la Cour despairs n’hésita pas cette fois à faire droit à ces conclusions,dans un arrêt qui ne doit pas être perdu pour la postérité 1 .
La procédure une fois simplifiée par une violation aussiextraordinaire des formes les plus inviolables de la jus-tice, le procès fut rapidement terminé. MM. Martin (duNord), Chégaray, de la Tournelle, ayant tour à tour dé-veloppé, avec beaucoup de véhémence et non sans talent,la thèse présentée dans l’acte d'accusation, les avocatsadverses prirent successivement la parole, chacun pourson client. Mais nul ne le fit avec plus d’élévation et plusd’éloquence que M. Jules Favre. Après avoir défini en termessaisissants le véritable caractère de l'insurrection lyon-naise et renversé l'échafaudage du complot, il résumaitainsi les débats :
' Voir aux documents historiques. n° IC.