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HISTOIRE DE DIX ANS.
« Vous nous accusez d’avoir attente à la sûrete' de l’Étal; et moi« j’accuse le Pouvoir de n’avoir pas déjoué cet attentat, d’avoir« même nourri l’émeute, en attirant les insurgés sur la place pu-« blique, alors qu’il était si facile delà comprimer.
« Vous nous accusez d’avoir construit des barricades ; moi, je« vous accuse de les avoir laissé élever sous les yeux des agents de« police et de l’autorité civile, et d’avoir jeté parmi les groupes« inoflfensifs des excitateurs soldés.
« Vous nous accusez d’avoir usé delà force contre les défenseurs« de l’ordre ; moi, je vous accuse d’avoir déchiré la loi qui protège« la vie des citoyens ; d’avoir donné une consigne qui à elle seule« suffisait pour allumer l’insurrection ; d’avoir compromis la vie« des femmes, des enfants, des vieillards ; d’avoir prolongé la lutte« sans nécessité; d’avoir enseveli sous les ruines de nos maisons« des familles qui ne vous attaquaient pas; d’avoir été sourds aux« demandes de trêve et de conciliation qui vous étaient faites dek toutes parts, et de n’avoir pas épargné la vie des vaincus.
« Vous avez fait votre réquisitoire, voilà le mien. Ils resteront« tous deux affichés à la porte de ce palais, et nous verrons lequel« durera davantage, lequel la France lira avec le plus d’indigna-« tion. »
Ce fut le 13 août (1835) que la Cour des pairs rendit,en l’absence des prévenus, l’arrêt général de condamna-tion relatif aux accusés de Lyon *.
1 condamnés de lyon . ( Arrêt du 13 août 1855.)
Baune, Antide Martin, Albert, ltugon, Marc Reverchon, Lafond, Des-vovs, à la déportation ; Lagrange, Tourrès, à vingt ans de détention;Mollard-Lefèvre, Huguet, Drigeard-Desgarniers, à quinze ans de déten-tion; Caussidière , Laporte, Lange, Villiard, Marigné, Rockzinski, Thion,Despinas, Benoit-Catin, à dix ans de détention; Pradel, Chery, Cachot,Dibier, à sept ans de détention; Carrier, Arnaud, Morel, Bille, Boyct,Chatagnier, Julien, Mercier, Gayet, Genest, Didier, Ratignié, Charmy,Charles, Mazoyer, Blanc, Jobel, Raggio, Chagny, à cinq ans de déten-tion; et tous sous la stirvcillance de la haute police toute leur vie.— Roux, Berard, Guichard, à trois ans d’emprisonnement et cinq ansde surveillance; Butet, Adam, à un an d’emprisonnement et cinq