CHAPITRE XI.
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gravité ne tardèrent pas à détourner de l’Espagne l'atten-tion des ministres français .
Depuis quelque temps le roi semblait ne plus marcherqu'environné d’embûches. Quelques fanatiques avaientouvert leur âme à de noirs projets, et diverses tentativesde complot, successivement découvertes, firentsoupçonnerque des poignards étaient aiguisés dans l’ombre. Mais,comme les preuves n’étaient jamais suffisantes, les accusésne faisaient que passer devant la justice, et l’on voyaits'épaissir les ténèbres autour d’un trône qu’allait désor-mais assiéger l’épouvante.
Pour ce qui est du roi, il déployait une grande sérénité.Ceux qui s’étudient à rapetisser toute chose ont prétenduque Louis-Philippe avait mis dans les calculs de sa poli-tique l’affectation du courage. Mais nous croyons, nous,qu'il entrait réellement dans sa nature de défier le péril.Peut-être aussi n’était-il pas sans avoir deviné que leshommes chargés de la responsabilité de ses jours enflaientsystématiquement ses dangers pour mieux établir leurimportance et faire valoir leurs services.
Toujours est-il que chaque jour apportait un nouveausujet d'alarme. Et comment couper le mal par la racine?Comment arrêter les coupables par la terreur du châti-ment? Il aurait fallu, pour cela, ne pas étouffer les com-plots à leur origine, et les laisser se développer jusqu'auflagrant délit. Sur ces entrefaites, M. Thiers apprit que, leroi devant aller de Neuilly à Paris , des conspirateursavaient formé le dessein de lancer dans la voiture royaleun projectile enflammé. Il prend aussitôt son parti, serend auprès du roi, et lui demande, pour les faire monterdans la voiture, ses aides-de-camp. A cette proposition