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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

des victimes, combien elles différaient par l'àge, combienpar le rang et la renommée, ce qui les avait séparéesdurant la vie, et l’affreuse nouveauté du crime qui lesréunissait pour toujours. Aux calamités irréparables onajoutait les calamités possibles. On parlait du prince deJoinville, menacé de si près ; du duc d'Orléans , légère-ment blessé; de M. de Broglie, atteint d’une balle qui nel’avait épargné que parce qu’elle avait glissé sur la plaquede sa décoration de grand-croix. Quelques-uns frémis-saient en songeant aux désordres que la mort inopinéedu roi aurait peut-être déchaînés sur la France . Car, telleest la misère des monarchies, tel est le vice de l’engre-nage politique dont elles forment le principal ressort, quela destinée d’un grand peuple y semble dépendre de l’exis-tence d’un seul homme, c’est-à-dire d’un coup de poignard,d'une maladie aiguë, d’une roue de voiture qui se brise,d'un cheval qui s’emporte ! Aussi peut-on dire que lerégime monarchique ahaisse outre mesure le niveau del'humanité !

Quant à la responsabilité de l'attentat, les partis semontrèrent un moment disposés à se la renvoyer l'un àl’autre, par une tactique trop commune et qui n’en estpas moins dégradante. Parce qu’on avait trouvé dans lachambre de l’assassin une lithographie représentant leduc de Bordeaux , les légitimistes furent accusés. Et à leurtour, certaines feuilles légitimistes s’abaissèrent, contreles républicains, à des allusions sans dignité et sansbonne foi. Hàtons-nous de le dire, à la gloire de notrenation, ces mutuelles récriminations furent passagères, etbientôt, grâce à un généreux sentiment de pudeur pu-blique, le cri qui domina fut celui-ci : « C’est le crime