•452
HISTOIRE DE DIX AXS.
sonnement. Il statuait qu'aucun dessin, aucun emblème,aucune gravure, aucune lithographie, ne pourraient êtreexposés, publiés, mis en vente, qifaprès avoir subi lacensure préalable-, et qu'à cette condition seulement unspectacle pourrait être établi et une pièce de théâtre jouée.
Quand on songe que cet effrayant ensemble de disposi-tions despotiques était motivé sur les fureurs solitairesd'un misérable ; quand on songe que c’était une nationtout entière qu’on punissait ainsi du crime d'un scélératqui lui faisait horreur, et que c'était d'une situation ex-ceptionnelle, passagère, qu'on faisait sortir la permanencede pareilles lois dans le pays le plus civilisé du monde, leplus jaloux de sa liberté, le plus éprouvé par les révolu-tions.l’esprit reste confondu d’étonnement, et l’on se
demande si tout cela n’est pas un rêve.
Mais ce qui n'est pas moins triste à rappeler, c'est queles Chambres répondirent avec une sorte d'impatiencegrossière à l’appel qui leur était fait. Les projets du gou-vernement ne rencontrèrent qu’une approbation convul-sive dans les trois commissions nommées, dont les rappor-teurs furent: pour la loi sur lescours d’assises, M. Hébert;pour la loi sur le jury, M. Parent; pour la loi sur la li-berté de la presse, M. Sauzet. Et même, tant était grandle vertige! la dernière commission ne craignit pas d’ajou-ter aux lois proposées des dispositions qui en exagéraientles rigueurs déjà excessives. Elle demanda qu'on déclarâtpunissables de l'amende et de la prison les attaques contrela propriété, le serment et le respect dû aux lois ; que letaux du cautionnement desj ournaux fût élevé de 48,000francs à 200,000 (le chiffre de 100,000 fut adopté par laChambre); qu’on en exigeât le versement en numéraire,