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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

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séductions, M. Tliiers n’eut pas de peine à s'accoutumer àl’éclat des grandeurs qu’on rêvait pour lui.

Il ne restait plus qu’à le séparer de ses collègues, enfaisant grandir la cause et naître l’occasion d'un conflit.La rivalité qui existait entre M. Thiers et M. Guizot futdonc envenimée. On supposa des propos offensants, donton se servit pour semer les défiances et enflammer la va-nité, toujours crédule. On sut grossir des plaisanteriesfutiles jusqu'à en faire des injures. On inventa des torts,on créa des griefs. En un mot, l’on mit en jeu tous lesressorts de cette plate habileté qui est à l’usage des Cours.

M. Thiers se défendit assez faiblement. Il était d’autantplus disposé à se laisser vaincre, que son portefeuille étaittrès-lourd à porter, dans la circonstance. Chargé, comme■chef suprême de la police, d’écarter sans cesse le bras desassassins levé sur le roi, M. Tliiers aurait voulu qu’on ledéchargeât momentanément de cette pénible besogne.Or, ayant témoigné le désir d’aller à Lille prendre un peude repos, il n'avait pu obtenir que, pendant ce temps, unde ses collègues doctrinaires acceptât le poids de l’inté-rim, et il avait dû se résoudre à envoyer, de Lille , desordres qui continuaient sa responsabilité en l’aggravant.De là des ombrages, des motifs d’aigreur. Les doctrinairesentendaient donc lui laisser tout le fardeau du pouvoir eten garder pour eux tous les avantages! Voilà ce queM. Thiers se disait à lui-même pour colorer à ses propresyeux son dépit, et, peut-être aussi, pour s’encourager àune rupture.

Toutefois, la pensée de trahir ses collègues n'approchapoint de son cœur. Il ne fit rien pour précipiter la chutedu Cabinet dont il était membre. Seulement, il s’habitua