Band 
Tome quatrième.
Seite
469
JPEG-Download
 

CHAPITRE XII.

169

jamais ; partout, si ce n’est sur le trône, la transmissiondu pouvoir politique a été condamnée, et la supérioritédes droits du mérite sur ceux de la naissance est devenuele principe constitutif de la classe dominante. Donc, enFrance , la royauté est une exception au lieu d’être unsymbole; elle représente ce qu'on a cru devoir détruire,au lieu d’exprimer ce qui existe ; elle personnifie l'idée durepos, en présence d'une bourgeoisie qui n’a pris posses-sion de la puissance qu’à force d’activité; elle s’élève im-mobile sur un piédestal autour duquel s’agite en frémis-sant la société la plus mobile de l’Europe . 11 faut, parconséquent, dans notre pays, que la royauté soit tout,sous peine de périr; il faut qu’elle anéantisse le principeélectif, arme de la bourgeoisie, ou qu’elle tombe écraséesous les ruines de l'hérédité abattue. La Cour l'avait biencompris. De là son ardeur à mettre le trône hors de page ;de là les ténébreuses menées dont on vient de lire le ré-cit. Mais ce n’était pas assez de semer la division entre leschefs de la majorité, et de livrer la majorité elle-mêmeen proie à des rivalités dévorantes : on ne pouvait espé-rer de la soumettre qu’en la corrompant, qu’en la ren-dant semblable à un maître que son premier esclave eni-vrerait et endormirait, pour commander à sa place. Voilàle triste tableau que nous aurons à dérouler. Tableaubien triste, en effet! car, de la Chambre, la corruptiondevait tomber goutte à goutte sur toutes les parties de lasociété, en pénétrer les profondeurs, et la réduire à unétat de dégradation qui n’a d’exemple que dans l'histoiredu Bas-Empire.

FIN DU TOME QUATRIEME.