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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

anciens collègues, M. Thiers changeait la face des choses :il ruinait la discipline parlementaire; il assurait au roi lafaculté de choisir entre plusieurs Cabinets également pos-sibles quoique débiles, et il se mettait lui-même à la mercide l’autorité royale, désormais toute-puissante. Le roi putcroire que son étoile l’emportait enfin, que sa puissance

n’allait plus avoir d’autres bornes que sa volonté.Et il

il ne se trompait qu’à demi : avec le ministère du 11 oc-tobre, le gouvernement parlementaire venait de finir : legouvernement personnel était fondé.

Ainsi éclatait l’erreur des publicistes, qui, comme Ben-jamin Constant , avaient fait reposer leurs théories sur lachimère d’un monarque automate, se résignant à la hon-teuse majesté d’une fonction de parade, tirant toujoursde lui le pouvoir sans l’exercer jamais, faisant éternelle-ment illusion aux peuples sur la nécessité de sa paresseéternelle, et n’occupant la première place par lui et parses descendants que pour fermer à une trop haute espé-rance le cœur des ambitieux. Comment imaginer qu’unroi se puisse contenter de ce rôle imbécile? Et s’il était unêtre assez vil pour s’en contenter, comment se préserve-rait-il du mépris?

La royauté doit être ou une force ou un symbole. Si,en Angleterre, la royauté n’a pas besoin, pour vivre, d'a-gir et de gouverner, c’est qu’elle n’y est que la tète d'unearistocratie qui agit et qui gouverne ; c’est au’elle y repré-sente une association politique qui a, comme elle, l'hé-rédité pour essence; c’est, en un mot, qu'il y a identitéde nature entre elle et la classe dominante. Mais, enFrance , qui l’ignore? l’arisiocratie a été détruite de fonden comble; les privilèges du moyen-àge ont été abolis à