CHAPITRE IV.
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M. de Bombelles ne cessait d’écrire, sur les prétenduesmenées des proscrits italiens , des rapports propres à se-mer l’alarme. On parlait de réfugiés prêts à envahir àmain armée le grand duché de Bade . L’Autriche affectade grandes terreurs. Des représentations furent faites aucabinet des Tuileries sur la nécessité d’éteindre le foyerde conspirations allumé au cœur même de l’Europe .C’était en Suisse , disait-on, que les ennemis des trônestenaient école de régicide : il y avait urgence à la fermer,cette école sanglante. Et quel prince y était plus intéresséque Louis-Philippe , environné de tant d'assassins?
En même temps, M. de Metternich donnait à entendreque, si la Erance refusait d'agir contre la Suisse , l’Autriche ,pour son compte, n'hésiterait pas.
M. Thiers voulut, sans déplaire à l’Autriche , l’empêcherd'intervenir, et il prit le parti d’intervenir lui-même pardes injonctions hautaines et des menaces.
Ainsi, M. de Metternich réussissait au-delà de ses espé-rances. La France , devenue subitement la maréchausséedes rois absolus, consentait à prendre sur elle tout l’odieuxd’une initiative brutale; elle allait poursuivre jusque dansleur dernier asile quelques malheureux réfugiés, provo-quer la Suisse , l'irriter, se la rendre hostile à jamais,peut-être : double triomphe pour le Cabinet autrichien,qui avait amené de la sorte le gouvernement de juillet,et à s’armer contre la liberté, et à détacher de lui, pourle pousser dans les bras de l’Allemagne , un peuple dontil lui importait à un si haut degré de conserver lessympathies.
Le gouvernement français commença donc à éleverdes plaintes sur la conduite des réfugiés que la Suisse