CHAPITRE IV.
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Jamais l'indépendance d’un État n'avait été plus ouver-tement méconnue, foulée aux pieds. En Europe , la notefit scandale. Interpellé dans le parlement par MM. Bow-ring et Hume, lord Palmerston déclara que le gouverne-ment anglais n’avait pris aucune part efficace à cetteaffaire. (JSo e/Jtcacious steps upon the subject.) En France ,toutes les âmes nobles s'émurent, et s’indignèrent. « I.a « Diète, écrivit le Bon Sens, feuille démocratique, la Diète« aurait pu rappeler à l’ambassadeur de Louis-Philippe « (pie son maître, frappé parles tempêtes révolution-ci naires, avait été heureux autrefois de trouver un refuge« et du pain dans ces tranquilles vallées, que les partis« vaincus ou triomphants devraient respecter comme un« sanctuaire protégé par la conscience du genre, humain.»
Mais comment donner une idée du frémissement de laSuisse : 1 A P.eiden. dix mille confédérés des cantons deBerne , Lucerne , Schwitz , Soleure , Bàle-Campagne et Ar govie , se réunirent pour protester. Dans une assembléenombreuse et ardente qui se tint à Munzingen , le majorElias ayant parlé de solliciter le renvoi du duc de Monte-hello, sa voix fut couverte par une immense clameur d’ap-probation et d’enthousiasme. A Flawil , canton de Saint- Gall , un orateur populaire, M. Hume, avait déjà fait en-tendre des accents dignes d’être répétés par tous les échosde la Suisse . A Yiedikon, près Zurich , vingt mille hommess’étant donné rendez-vous sur le vaste emplacement dutir fédéral, et du haut d’une tribune décorée par les dra-peaux pris dans les guerres de Bourgogne . M. Zehnders’étant écrié : « Êtes-vous décidés tous à repousser, au« prix de votre sang, une agression injuste? » — Oui.oui. répondirent avec force les vingt mille voix : et une