CHAPITRE IV.
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Le roi ne s’était pas attendu à ce résultat : il en futalarmé et déconcerté. Mais ses inquiétudes redoublèrentlorsqu'il sut que le général Bugeaud était disposé à pren-dre le commandement de la légion. Car il se défiait de lafougue militaire du général, qu’il n’aimait pas à cause deses manières brutales et de son arrogance.
Cependant l'Espagne était aux abois, et les haines departi, surexcitées par un continuel état de troubles, yavaient revêtu un caractère d'exaltation de plus en plusdangereux : qu’allait y devenir la révolution ? Le Cabinetde Saint-James ne cessait d’insister pour que le traité dela Quadruple-Alliance fût exécuté. Christine envoya unmoine déguisé à M. Thiers pour solliciter des secours,promettant la main d’Isabelle au duc d’Aumale.
Mais le roi résistait toujours. L’offre de la couronned’Espagne pour un de ses fds répondait à une éventualitéqui l'avait toujours faiblement tenté. 11 n’aurait jamaisconsenti, pour agrandir sa famille, à effrayer les grandesCours, qu’il était décidé à ménager à tout prix. D’ailleurs,il croyait ou paraissait croire que, pour se maintenir enEspagne , l'influence française avait besoin d’v être plussoigneusement masquée. Suivant lui, un prince françaissur le trône d’Espagne eût donné trop d'ombrage au peu-ple espagnol , et cet aperçu ne manquait pas de justesse.Pour ce qui est du danger que courait la révolution es-pagnole, le roi n’était pas homme à sacrifier au désir dela sauver son système de paix et la bienveillance du Con •tinent.
Une crise ministérielle approchait, elle était inévitable.Toutefois, comme le roi tenait aux services de M. Thiers ,qui, en ma tièrede politique intérieure, partageaitses idées