CHAPITRE IV.
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certaines influences, difficiles à dompter, lui avaient rendula jouissance très-amère. 11 s’était engagé dans l’affaire deSuisse parce qu’on lui avait laissé croire qu’à ce prix onlui accorderait l'intervention en Espagne , et il s’était vuensuite trompé dans son espoir; il avait cru qu'on n’au-rait rien de caché pour lui, et l'affaire de l’espion Conseilétait venue lui prouver qu'à côté de, la police ministérielleil y avait une autre police : que de motifs de dégoût! At-taqué par la presse, combattu par le roi, aiguillonné parl’Angleterre, trompé par les autres Cabinets de l’Europe ,il était naturel que la fatigue le prit. Aussi tourna-t-il lesyeux vers l’Italie , où sa vive imagination l’appelait et oùil voulait pendant quelques mois oublier les tourments dela politique. Mais, comme les négociations pour la forma-tion du nouveau Cabinet traînaient en longueur, il s'enplaignit. Il tremblait que, durant l'interrègne ministériel,il ne survînt en Espagne quelque malheur de nature àengager sa responsabilité. Selon le roi, le devoir d’unministre était de rester aux affaires jusqu’à ce qu'on luieût trouvé un successeur; mais à cela M. Thiers répon-dait avec raison que, si on lui laissait la responsabilité duPouvoir, il devait en exercer les fonctions, et qu’il lui étaitloisible, tant qu'il n’était pas remplacé, de faire entrer,si bon lui semblait, une armée en Espagne .
Le roi craignit un coup de tète de la part de M. Thiers ,il pressa la négociation, et en fit connaître enfin le résul-tat. Mais, n’ayant garde de se faire un ennemi d’unhomme qui venait d’ètre ministre, il manda M. Thiers ,le reçut à Neuilly avec un empressement affectueux, l'ac-cabla de caresses, et, par quelques mots prudemmenthasardés, lui laissa entrevoir la route qui ramène au Pou-