CHAPITRE V.
I
des cantons victorieux -, l’ossuaire de Morat , et cet étangglacé où dans la personne du Téméraire, la maison deBourgogne était venue s’engloutir.
En même temps, on se préparait à la résistance par desactes. Une souscription nationale fut ouverte en faveurdes citoyens sur qui pesait le manifeste du ducde.Monte-bello.Et, pour qu'il restât bien constaté qu’aux yeux de laSuisse la nation française n’étaitpas solidaire desfautesdeson gouvernement, on fit circuler dans le canton de Vaud une adresse au peuple français conçue en ces termes :
« Français de juillet, vous allez nous faire la guerre, à« nous qui vous sommes unis par six siècles de fraternité,« à nous qui avons accueilli avec enthousiasme votre glo-« rieuse révolution, qui avons donné asile à vos proscrits,« qui avons mêlé notre sang au vôtre dans les batailles.« Et quel est notre crime? D’avoir secoué le joug d'une« faction qui mettait notre vieille indépendance républi-« caineaux pieds des monarques de l'Europe ; d’avoirdé-« chiré le voile qui couvrait des menées infâmes ! Crime« irrémissible, pour l'expiation duquel on nous appelle à« un combat sacrilège! Mais Dieu est juste ; il nous don-« nera le courage et la force, si l’on précipite vos soldats« contre nous. Avec quelle douleur nous verserions leur« sang ! Ab ! que du moins ils se rappellent, si la fortiine« leur livrait quelque point de notre territoire, que les« hommes contre lesquels on les pousse sont leurs frères,« et qu'ils doivent relever par leur humanité cette injuste« et cruelle guerre. »
Mais, au milieu de ce vaste mouvement, le gouverne-ment de Berne ne montrait qu’indécision et frayeur. Leparti de la résistance n’y était guère représenté (pie par