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Tome cinquième.
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HISTOIRE HE DIX ANS.

chrétiens, cest-à-dire par des infidèles, serait un objetdhorreur ou de mépris : cpie les boys de création fran­ çaise passeraient pour des traîtres, pour des apostats ; quela nécessité de les soutenir nous entraînerait à des expé-ditions fatales, et qu'obligés, à leur tour, de simposerviolemment, ils engageraient peut-être l'honneur de laFrance dans la responsabilité des actes les plus iniques etles plus honteux? Mais quel parti prendre? Renoncerafaire sentir la main de la France sur chaque point duterritoire, cétait compromettre la conquête. Se montrerpartout à la fois. il aurait fallu pour cela un déploie-

ment de troupes considérable; et leffectif était loin derépondre aux idées du gouverneur. Vaste plan, faiblearmée : fut le mal. Et les événements ne le prouvèrentque trop.

Le passage du maréchal Clauzel en Afrique , depuis lemois de septembre 183» jusquau mois de février 1831.avait été signalé par deux faits qui caractérisaient par-faitement son système. Bou-Mezrag, bev de la province deTitery, ayant prêché contre les chrétiens la guerre sainte.le gouverneur avait pris pied à Médeah et remplacé Bou-Mezrag par un Maure algérien nommé Mustapha BenOmar. Peu de temps après, appelé par Hassan, bey dOran ,que menaçait une armée marocaine , il avait occupé laville dOran et livré le beylick à lvhaïr-Eddin, prince deTunis . Or, d'une part, Mustapha Ben Omar ne tarda pasà voir se former autour de lui une ligue formidable ; et,de lautre, les Tunisiens se créèrent dimplacables enne-mis par leur domination aussi avide que cruelle. Si bienque, lorsqu'au commencement de 1831, le général Ber-thezène fut donné pour successeur au maréchal Clauzel.