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Tome cinquième.
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CHAPITRE VI.

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Oed-Zenati. Elles n'avaient point rencontré d'ennemis etn'avaient vu que quelques Arabes occupés ça et au tra-vail des champs. Mais, dans la journée du 20, des cavaliersmenaçants parurent sur les hauteurs, et des coups de fu-sil retentirent. 11 fut permis alors aux plus résolus d'avoirde sombres pressentiments, le défaut de munitions et devivres ne permettant pas une longue lutte. Dans la nuit,la pluie, la neige et la grêle étaient tombées avec violence :plusieurs soldats avaient eu les pieds gelés, dautres étaientmorts de froid ; aperçue déjà dans ^lointain, Constantine semblait reculer devant les troupes» Enfin, le 21 novem-bre à midi, les mamelons qui la cachaient ayant été suc-cessivement franchis,-elle se dressa tout-à-coup aux yeuxdes soldats, protégée par un ravin d'une profondeur im-mense au fond duquel mugissait l'Oued-Rummel, et quiprésentait pour escarpe et contre-escarpe un roc taillé àpic. Le maréchal s'attendait à trouver les portes ouvertes :illusion trop'ôbstinément caressée, que dissipèrent bienvite deux coups de canon partis'du rempart et le drapeaurouge arboré sur la principale batterie de la place!

Or, larmée arrivait, épuisée par neuf jours de marche,pendant lesquels il avait fallu sans cesse lutter contre lhi-ver en furie, abattre les arbres, casser les roches, rendrepraticables à l'artillerie et aux voitures les rampes desmontagnes. Les vêtements étaient trempés de pluie. Nulmoyen de bivouaquer autre part que dans la fange. Lesbagages restaient embourbés une demi-lieue en arrière.La neige tombait à gros flocons. On navait presque plusde vivres.

Ainsi, ce nétait pas un siège qu'on pouvait tenter, cé-tait un coup de main.