CHAPITRE Vil.
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naire.M. Mole se rendit, mais non sans humeur -, et
l’on finit par s’arrêter à trois projets de loi marqués évi-demment à la même empreinte. Le premier portait que,lorsque des crimes prévus par certaines lois déterminées,auraient été commis en commun par des militaires et desindividus appartenant à l’ordre civil, ceux-ci seraientrenvoyés devant les tribunaux ordinaires et ceux-là devantles conseils de guerre. Le second demandait qu’on établità Pile Bourbon une prison destinée à recevoir les citoyensdéportés. Le troisième menaçait delà réclusion quiconquene révélerait pas, en ayant connaissance, les complotsformés contre la vie du roi.
En même temps, et comme pour rendre profitablesà la fortune du roi les dangers que courait sa personne,les ministres conviaient la Chambre à constituer au ducde Nemours un riche apanage et à donner à la reine desBelges, sur l’argent des contribuables, une dot d’unmillion.
La première de ces trois lois, restée célèbre sous le nomde loi de disjonction, était une œuvre de colère, une re-vanche cruelle du verdict de Strasbourg : elle révolta laconscience publique. Quoi donc? Pour un même crime desjuges différents! La division des causes dans la connexitédes délits ! Et qui sait? A deux pas du tribunal par qui dessoldats coupables de rébellion seraient condamnés à mort,un autre tribunal qui acquitterait leurs complices ! L'op-position à la Chambre fut terrible. M. Dupin aîné commençal'attaque avec une verve sans égale et une autorité qu'ilpuisait dans son dévoûment, bien connu, au gouverne-ment dont, cette fois, il se posait l'adversaire. Jamais saphysionomie n’avait été plus expressive, son geste, plus