CHAPITRE VII.
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« somme énorme qui représente 200 millions de nos-< jours; somme trop grande, de toute manière, entre les« mains et à la disposition d’un seul homme, quelque« prince qu’il soit, et, selon les temps, menaçante tantôt« pour la liberté, tantôt pour le pouvoir lui-mème. Car« l’histoire ne sera que juste, Monseigneur, lorsqu’elle« dira que l’emploi révolutionnaire que votre aïeul fit de« sa prodigieuse fortune contribua plus que toute autre« choseau renversement du trône de Louis XVI , son parent« et son maître. Cette fatalité de bonheur pécuniaire qui« s’attache obstinément à ses pas poursuivit votre famille« jusque dans l’exil. Car, tandis que les autres émigrés« mouraient de faim à l’étranger, la duchesse d’Orléans ,« votre grand’mère, recevait, une grosse pension de la ré-« publique française, et, vers le même temps, le trésor« payait, à la décharge de votre père émigré, plus de 40« millions de dettes. Quarante millions! Quelle brillantek anticipation'delistecivile! Cen’est pas tout :LouisXVIII,« à peine^débarqué d’Angleterre, vous remit, sur vos vives« prières, par uneordonnance de bon plaisir, ce qui restait« entre les mains de la nation desbiens non vendus de Fa-it panage d’Orléans, apanage irrévocablement aboli, non« par les lois de 1793 sur l’émigration, mais par l’article 2« de la loi du 21 décembre 1790 sur les apanages. Pour« excuser cette insigne violation des lois, on a prétendu que« Louis XVIII était alorsomnipotent; maisaveccebeau rai-« sonnement-là on aurait pu dépouiller, pour vous enri-« chir, le premier’citoyen venu, commeon dépouillait l’É-« tat... Laloisurl’indemnitédesémigrés, qui sembleavoir« été faite pour votre heureuse famille, vint augmenteren-« core ses bons points, commodités, aises et profits, en