CHAPITRE VIII.
215
Les exigences financières du Château étaient à l’ordredu jour : on y revint. Et la royauté eut lieu d’ètre satis-faite de la générosité des Chambres. U fut décidé, malgrél’opposition de MM. Garnier-Pagès , Demarçay, Briqueville,à la Chambre des députés, et malgré celle de M. le vicomteDubouchage, à la Chambre des pairs , que la dotation duprince royal serait portée annuellement à deux millions,que les contribuables paieraient un million pour les fraisde son mariage, et que le douaire de la princesse seraitfixé à 300,000 francs.
C’était trop faire pour une famille : on demanda plusencore, on demanda en faveur de la fille aînée du roi,devenue reine des Belges, une dot d'un million. En vainMM. Demarçay,Lherbette, Salverte, Larabit, Charamaule,adjurèrent-ils la Chambre de prendre en considération lamisère du peuple, l’opulence de la maison royale, la gran-deur des sacrifices déjà consentis 5 en vain reclamèrent-ilsde ceux qui s’appuyaient sur l'insuffisance du domaineprivé, la production des pièces justificatives, la Chambrene prêta une attention bienveillante qu’à M. de Montali-vet, ministre personnellement dévoué au roi et le plusâpre des orateurs de la Cour, M. de Montalivet exposad'abord avec habileté que les ressources de la royauté nedevaient point être séparées de leur application néces-saire, le roi des Français ayant naturellement des actesde bienfaisance à accomplir, des récompenses à donner,des encouragements à distribuer aux savants et aux ar-tistes, des palais à restaurer ou à embellir. Mais, quandil en vint aux attaques provoquées par la présentation deslois de famille, il fut acerbe, accusateur, et s’attira uneréponse terrible. Faisant allusion aux pamphlets de M. de