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1 (1841) Campagnes de 1788, 1789, 1790, 1791, 1792 et 1793 / par Jomini
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LIVRE I, CIIAP. I.

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^ es grands intérêts du monde, et qui eût été tou-jours plu S f ac ;i e à établir quun équilibre maritime,81 f un ou lautre venait à être rompu. Ce princehabile arma toutes les passions contre la France,s il faut cquy enir que Louis XIV lui en fournitplus dune fois les occasions et les moyens, il fauta 'oucr aussi que les vues étroites de plusieurs gou-' crnements le secondèrent bien mieux quil nauraitpu lespérer.

Depuis le célèbre acte de navigation rendu parCromwell , en 1651, la marine anglaise avait com-Uiencé à prendre une supériorité qui ne tarda pasa devenir effrayante. Une nation de douze millionsdhabitants, insulaire, et dont tout individu étaitPar conséquent marin ; que son isolement dureste de lEurope mettait à labri de toute querellede la part de ses voisins; qui pouvait, par, di-n ger toutes ses vues vers laccroissement de sesforces maritimes ; à qui cet accroissement permet-tait à son tour dentreprendre les expéditions loin-ta, «es les plus difficiles , ne devait pas manqner,P ar une telle accumulation de moyens, dobtenir^ ou tard, une suprématie décidée, si on ne 1 ar-r otait pas à temps.

Cette nation était donc menaçante pour le com-oterce et la prospérité de toutes les puissanceseuropéennes, car elle offrait une masse de moyensma ritimes, supérieure à tous ceux des autres prises

isolément.

Les suites infaillibles que devaient entraîner lesfatales journées de la Hogue et de Vigo , auraient éveiller lattention de tous les gouvernements( l Ue leurs passions avaient engagés dans une ligue,dont lambition de Louis XIV ne fut que le pré-dite, et qui devint le premier degré du trône ma-ritime de lAngleterre (1).

LAutriche était à cette époque la puissance-diterranée qui marquait, le plus dans les affaires

_ (0 On trouvera dans le cours de ce chapitre une oppo->1,J °n souvent réitérée à la domination des Anglais . Je ne

SIl,s S u * dans ces réflexions par aucun sentiment natio-fiai r

°u personnel ; un Suisse doit estimer la nation anglaise

Peut trouver tout simple quelle ait cherché à dominer,r * cs mers ; mais un Européen doit trouver aussi quilauait pl ns Je bien-être et d'indépendance réelle sur leOhnent, si léquilibre maritime existait.

Un* ol d ectera P cut 'étre que la France , réunissantgrande force maritime à sa puissance continentale,

Tome i.

de lEurope ; on peut encore concevoir quelle alliâtscs intérêts à ceux de lAngleterre pour abaisser laFrance et pour augmenter linfluence de la maisonimpériale en Italie et en Allemagne . Cependant ilserait possible de démontrer quune politique dif-férente naurait pas été si éloignée quon le croitdes vrais intérêts de lAutriche . Si le cabinet deVienne avait protégé les efforts de la France , etaidé létablissement de sa prépondérance maritimesur les Anglais , il aurait ainsi acquis sa part à laliberté du commerce, à laugmentation des richesseset de la prospérité des peuples du continent; mais,ce qui était bien plus important encore, il auraitdirigé la moitié de la population de la France , dansles colonies lointaines, ce qui eût diminué son ac-tivité dans les guerres continentales (2). Enfin, sile ministère autrichien avait songé que scs batail-lons fussent intervenus dans toutes les affaires co-loniales des trois parties du monde, dès linstantla prépondérance maritime eût été assurée à unepuissance continentale, il cstprobable quon auraitpu le décider à vivre en bonne intelligence avec laFrance , aussi longtemps que celle-ci se fût bornéeà diiger ses effort vers la supériorité maritime ,sans vouloir asservir le continent.

Mais en admettant même, comme on la déjàfait observer, que lAutriche pût avoir un intérêtplus direct à seconder la cause des Anglais , jamaisla Prusse, la Hollande, lEspagne , lItalie , le Dane­ mark et la Suède , nauraient se départir dusystème dalliance avec la France ; et la Russie même, depuis quelle a pris une part si active dansles affaires de lEurope , en donnant des rois et deslois à laPolognc, devait se convaincre de cette vé-rité : Qu'il fallait aider la France à réduire V An-gleterre à un rôle secondaire ; qu alors seulementl'équilibre maritime, la répartition égale du com-merce et des colonies existerait (3), parce que la

aurait été dangereuse pour lEurope . Je crois que lexem-ple de lEspagne suffira pour prouver que de vastes pos-scssionslointaines et une grande marine énervent les forcessur le continent La France na jamais été plus redoutablepour ses voisins que quand elle a cessé de lêtre sur mer etdans lInde .

( 3 ) Il parait nue Catherine et son ministre Panin furentguidés par des vues semblables, lorsqu'ils firent lacte deneutralitéarmée de 1780, et le traité de commerce de 1787.Les fureurs révolutionnaires vinrent détruire tous les-

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