LIVRE I, CJIAP. I.
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* r aordinaires ne se réunissaient pas pour l’en em-pêcher. Nous avons déjà rapporté comment la paixtienne (1738) vint mettre un terme à ces faiblesdr ° r ts de la France en faveur de Stanislas, et as-Sllrer la Lorraine à ce prince, pour qu’à sa morte He rentrât dans le sein de la monarchie, donte ^ e était démembrée depuis si longtemps.
La Porte et la Suède commirent chacune de leurc été ] a même faute, en ne profitant pas, pour agir,moment où les forces de Munich étaient occu-pees en Pologne : la Porte protesta, et ne fit rienplus ; ce qui était une double imprudence, puis-1 u ’ell e donna le temps à la Russie d’achever lesaffaires de Pologne , de préparer de nombreux ar- I^enierils, et de tomber à son tour sur les Ottomans I 01 l’avaient provoquée.
A peine le traité de Vienne était-il conclu, et^Qne débarrassée des Polonais, qu’elle tourna sesar mes contre les Turcs. Les brigandages des Tar-des soumis à la Porte fut le prétexte de la rup-
tur e (17â6).
Les premières opérations furent heureuses pour^Russes : Munich prit Azof et la Crimée ; mais ledéfaut de vivres, les distances énormes et les mala-xas, l’empêchèrent de se maintenir dans la prés-idé. Dans l’année suivante le maréchal emportaKazakov d’assaut, et Lascy pénétra en Crimée .
L Autriche se déclara alors contre la Porte, et atta-* a 1 Ua ] a Servie, la Bosnie , la Croatie , la Valachie ;mais ses armées morcelées, désunies, essuyèrentpresque partout des revers.
La campagne de 1736 fut encore plus malheu-r cuse ; Munich , arrêté sur le Dniester par une ar-mée de soixante mille hommes, manquant de vivresct accablée par des privations et des maladies, se vit°Lligé de rentrer en Ukraine . Lascy, abandonnéen Crimée , privé du secours de la flotle dans unpaysr avagé, se crut heureux d’en pouvoir faire autant.Cczakow et Kinburn furent abandonnés et rasés.
Les armées autrichiennes, commandées parWallis, avaient été défaites.
L année suivante , le maréchal Munich aban-donna sagement le plan d’opérer sur la Bessarabie ,( jni était ravagée; il prit la route de la Moldavie ,c C après avoir remporté une victoire complète prèsde Choczim, il s’empara de Yassi et de toute laP'ovince. La paix conclue par la médiation de
M. Villeneuve, ambassadeur de France , vint mettreun terme à ces luttes sanglantes, et cette paix deBelgrade (18 septembre 1739) assura de grandsavantages aux Turcs. La Porte acquit la forteressede Belgrade , celles de Sabatzet d’Orsova, la Servieet la Valachie autrichienne. L’Empereur désavouason ministre pour sauver les apparences, mais letraité fut maintenu.
Du côté de la Russie , tout rentra sur le pied dela paix du Pruth .
La Suède était depuis quinze ans dans un paixprofonde, qu’on pourrait, avec quelque raison,nommer une léthargie, si elle n’était pas excuséepar les plaies sanglantes que Charles XII avaitfaites à l’Etat. Elle n’avait armé ni pour soutenirStanislas et les Polonais, ni pour seconder la Porte.Elle attendit que le traité de Belgrade eût rendutoutes les forces russes disponibles, et ce fut alorsqu’elle provoqua une guerre qui ne pouvait êtreque malheureuse. Le désastre d’IIelsingfort, où lesSuédois passèrent sous les fourches caudines, etle traité d’Abo, qui leur imposa pour quelquetemps des lois , furent le résultat de cette faute.
Je ne rappellerai plus ici la guerre de sept ans,dont j’ai publié une histoire militaire. On sait quela Russie , gouvernée alors par Élisabeth, y pritpart contre Frédéric; peut-être la czarine eût-elleagi d’une manière plus conforme à une saine poli-tique, si, auxiliaire de ce prince, elle eût envoyéses armées combattre sous ses ordres jusque dansla Bohème, la Saxe et la Moravie . Cependant ilparut indifférent à Élisabeth de choisir le particontraire ; elle pouvait dans l’une et l’autre hypo-thèse occuper la Courlande , la Semigale, et laVieille-Prusse; ses troupes traversant la Pologne ,y préparaient sa domination; enfin, pourvu qu’elleprît part aux affaires d’Allemagne , peu lui impor-tait en faveur de qui elle se déclarait.
La mort de l’impératrice changea totalement laface des affaires (1762). Pierre III lui succéda : lapaix et l’alliance que le nouvel empereur conclutavec Frédéric parurent aussi bizarres que la guerre,et les motifs en sont entièrement dans les passionsdes princes plus que dans des intérêts bien avérés.On sait assez que ce règne ne fut pas de durée, etcomment, après la fin tragique du malheureuxPierre, Catherine monta sur le trône.