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1 (1841) Campagnes de 1788, 1789, 1790, 1791, 1792 et 1793 / par Jomini
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DU LIVRE V.

SOS

,leu - Elles ont longtemps résisté aux sollicitationsde la ligue; mais elles ont cédé à lintrigue, ouplutôt aux ordres du ministre anglais , qui lesMenaçait des flottes de lAngleterre. Le territoirede Gènes a été le théâtre dun crime, dont liiistoire dAngleterre peut seule offrir un exemple,^es vaisseaux de cette nation, joints à des vais-s eaux français livrés par les comités de Toulon ,6 °nl entrés dans le port de Gènes . Aussitôt, lesbarbares qui les montaient, Anglais et Français ehelles, se sont emparés des bâtiments delà répu-blique, qui étaient dans ce port, sous la sauve-flarde du droit des gens; et tous les Français qui8 y trouvaient ont été égorgés. Qu'il est lâche cede Gênes , cjui n'est pas mort tout entier, pourPrévenir ou pour venger cet outrage; qui a putrahir à la fois, lhonneur, le peuple génois, et1 humanité entière !

Venise , plus puissante et en même temps plusPolitique, a conservé une neutralité utile à sesintérêts. Florence , celui de tous les États dItalie ,à qui le triomphe de nos ennemis serait le plusfatal, a été enfin subjuguée par eux, et entraînée,Malgré elle, à sa ruine. Ainsi, le despotisme pèsejusque sur ses complices; et les tyrans armésc ontre la république, sont les ennemis de leursPropres alliés. En général, les puissances italiennes8 °nt peut-être plus dignes de la pitié que de laoolère de la France : lAngleterre les a recrutéesoomme ses matelots ; elle a exercé la presse contre* es peuples dItalie . Le plus coupable des princescette contrée, est le roi de Naples, qui sestMontré digne du sang des Bourbons, en embras-ant leur cause. Nous pouvons vous lire, à cesu jet, une lettre écrite de la main de ce prince àsonc °usin le Catholique , qui servira du moins à vousProuver que la terreur nest point étrangère auC( ®Ur des rois ligués contre nous. L Angleterre aaussi fait menacer le Danemark par ses escadres,pour le forcer à accéder à sa ligue : mais leDanemark , régi par un ministre habile, a îo-Poussè avec dignité ces insolentes sommations.

. Après une déclamation virulente contre la Russie c * son cabinet dans laquelle les injures les plus°bscenes sont prodiguées à tous les souverains qu ilnoi ûme des escrocs et des fripons couronnés,

comme sil avait pris à tâche de les exciter à unelutte à outrance contre sa patrie, Robespierre mé-connaissant tous les intérêts diplomatiques de sonsiècle, affirme que Pitt lui-même est joué par Ca-therine, puis il ajoute :

Vous avez sous les yeux le bilan de lEurope etle vôtre, et vous pouvez déjà en tirer un grand ré-sultat : cest que lunivers est intéressé à notreconservation. Supposons la Fiance anéantie ondémembrée ; le monde politique sécroule. Otez cetallié puissant et nécessaire, qui garantissait lesmédiocres États contre les grands despotes, lEu­ rope entière est asservie. Les petits princes germa-niques, les villes réputées libres de lAllemagne ,sont englouties par les maisons ambitieuses delAutriche et du Brandebourg : la Suède et le Da­ nemark deviennent tôt ou tard la proie de leurspuissants voisins : le Turc est repoussé au delà duBosphore, et rayé de la liste des puissances euro-péennes : Venise perd scs richesses, son commerceet sa considération ; la Toscane , son existence :Gênes est effacée : lItalie nest plus que le jouetdes despotes qui lentourent : la Suisse est réduiteà la misère, et ne recouvre plus lénergie que sonantique pauvreté lui avait donnée : les descendantsavilis de Guillaume Tell succomberaient sous lesefforts des tyrans humiliés et vaincus par leursaïeux. Comment oseraient-ils invoquer seulementles vertus de leurs pères et le nom sacré de la li-berté , si la république française avait été détruitesous leurs yeux ? Que serait-ce, sils avaient contri-bué à sa ruine ! Et vous, braves Américains , dontla liberté, cimentée par notre sang, fut encoregarantie par notre alliance; quelle serait votre des-tinée , si nous nexistions plus? vous retomberiezsous le joug honteux de votre ennemi : la mémoirede nos communs exploits serait flétrie : les titresde la liberté, la déclaration des droits de lhuma-nité , seraient anéantis dans les deux mondes.

Que dis-je ! Que deviendrait lAngleterre elle-même? Léclat éblouissant dun triomphe crimi-nel couvrirait-il longtemps sa détresse réelle et sesplaies invétérées? 11 est un terme aux prestiges quisoutiennent lexistence précaire dune puissanceartificielle. Quoi quon puisse dire, les véritablespuissances sont celles qui possèdent la terre : quunjour elles veuillent franchir lintervalle qui les-