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PIECES JUSTIFICATIVES
)>are d’un peuple purement maritime, le lende-main il ne sera plus. C’est en vain qu’une ile com-merçante croit s’appuyer sur le trident des mers,si ses rivages ne sont défendus par la justice etl’intérêt commun des nations. Bientôt, peut-être,nous donnerons au monde la démonstration decette vérité politique ; à notre défaut, l’Angle-terre la donnerait elle-même. Déjà odieuse à tousles peuples, enorgueillie du succès de ses crimes,elle forcerait bientôt ses rivaux à la punir.
Mais, avant de perdre son existence physiqueet commerciale, elle perdrait son existence moraleet politique. Comment conserverait-elle les restesde sa liberté, quand la France aurait perdu lasienne, quand le dernier espoir des amis de l’hu-manité serait évanoui avec elle ? Comment les hom-mes attachés à sa constitution , telle quelle est, ouqui en désirent la réforme , pourraient-ils lutterrontre un ministère tyrannique, devenu plus in-solent par les succès de ses intrigues ; et qui abu-serait de sa prospérité pour étouffer la raison, pourenchaîner la pensée, pour opprimer la nation?
Si un pays qui semble être le domaine de l’in-trigue et de la corruption, peut produire quelquesphilosophes politiques, capables de connaître et dedéfendre ses véritables intérêts; s’il est vrai queles adversaires du ministre corrompu sont autrechose que des intrigants, qui disputent avec luid’habileté à tromper le peuple, il faut convenirque les ministres anglais ne sauraient reculer troploin le terme de ce parlement, dont le fantômesemble troubler leur sommeil.
Ainsi, la politique des gouvernements doit redou-ter la chute de la république française : que sera-cedonc de la philosophie et de l’humanité ! Que laliberté périsse ; eu France la nature entière secouvre d’un voile sombre, et la raison humaine re-cule jusqu’aux abîmes de l’ignorance et de labarbarie. L’Europe entière serait la proie de deuxou trois brigands , qui ne vengeraient l’humanitéqu’en se faisant la guerre, et dont le plus féroce ,écrasant ses rivaux , nous ramènerait au règne desIluns et des Tartares. Après un si grand exemple,et tant de prodiges inutiles, qui osera jamais dé-clarer la guerre au crime sur le trône ? Le despo-tisme , comme une mer sans rivages, se déborde-rait sur la surface du globe : il engloutirait les
montagnes lumineuses où est déposé l’arche q n
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renferme les chartes de l’humanité, le monde in-sérait plus que le patrimoine du crime ; et le hI aSphème reproché au second des Caton (ô vert»)tu n’es plus qu’un vain nom !) trop justifié pari 1puissance de nos généreux efforts, serait le crltoutes les âmes magnanimes ! Que les vérités q° enous venons de publier, au lieu de se perdre da» scette étroite enceinte, retentissent au même in staIltdans toute l’Europe .
Oh ! qui de nous ne sent pas s’agrandir t°» 4eSses facultés, qui de nous ne croit pas s’élever a»dessus de l’humanité même, en songeant q» e cCn’est pas pour un peuple que nous combatt°» s >
mais pour l’univers ; pour les hommes qui vivent»*jourd’hui , mais pour ceux qui existeront. Ah ! Pau ciel que nous pussions en ce moment fai re e0tendre notre voix de tous les peuples ! au mê» 1instant, les flambeaux de la guerre seraient ét° u ^fés, les prestiges de l’imposture disparaîtrai 6 * 4 ’les chaînes de l’univers seraient brisées, les s°» rces des calamités publiques seraient taries» ta»les peuples ne seraient plus qu’un peuple de fr 6re ’
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et vous auriez autant d’amis qu’il existe d’h 0 » 1sur la terre. Si vous ne pouvez faire entendrevérités à l’univers entier, votre devoir estmoins de les publier et de les répandre autant q»est en votre pouv oir. Ce manifeste de la raison» cetlproclamation solennelle de vos principes » sCrplus puissante que les lâches intrigues des 6 ° urS ’et vous vaudra peut-être plus d’une armée-Au reste, dût l’Europe entière se déclarer 60 »tre vous, vous êtes plus forts que l’Europe - ^ a t€publique française est invincible comme la rai s0ll Jelle est immortelle comme la vérité. Q» a »^liberté a fait une conquête telle que la Fran c6 ’nulle puissance humaine ne peut l’en chasser,rans ! prodiguez vos trésors, rassemblez vos salites; et vous hâterez la ruine de votre coupapuissance. J’en atteste vos revers, j ensurtout vos succès. Un port et deux ou trois i
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rosses achetés par votre or ! Quel digne prix -efforts de tant de rois, guidés pendant près de <» oC lannées par les chefs de nos armées et pargouvernement même ! Apprenez qu’un peuple 9 ^
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vous n avez pu vaincre avecun peuple invincible.
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