44 Traité de l’Attaque
La marche des troupes vers une autrePlace est aussi un moyen dont o,n peut seservir pour lui faire prendre le change.On peut faire tous les mouvemens qui fe.voient nécessaires, st l'on vouloit sérieu-sement assiéger cette Place ; commencermême à l'investir, Lc lorsque l’ennemi,trompé par ces démonstrations , dégarnitcelle fur laquelle on veut fe porter, on yfait marcher promptement des corps detroupes qui en ferment absolument l'en-trée aux secours qu’il voudroit y intro-duire ( a ).
(it) Vjyeç dans le recueil de lettres pour servir d’éclair-cissement à l’histoire" de Louis XIV. tom. 3 ,pag. 312 , lesdifférentes précautions qui furent prisés en 1678 pour for-mer le siégé de Gand , & faire prendre le change aurennemis fur cette entreprise. Rien de plus intéressant queì’instruction donnée à ce sujet par M. le Marquis de Lou-vois à M. le Maréchal d ’Humieres , dans íà lettre du 4 Fé-vrier 1678, qui fut regardée comme un chef-d’œuvre damson genre.
Le Roi partit de Saint-Germain le 7 Février avec toutefa Cour, & prit le chemin de la Lorraine. Toutes les trou-pes qui dévoient former les armées de Flandres Sc á’Alle-magne sortirent de leurs quartiers fans savoir où elles as-soient ni pour quel endroit elles étoient destinées. Celles deFlandres prirent le chemin à’Allemagne , & celles de Fran-che-Comtè la route de France. La plus grande partie s'ap-prochent des Pays-Bas ; mais l’incertitude du lieu où onles menoit étoit si grande, que celles qui dirigeoienj leurmarche vers le lieu de l’entrepriíè, ne pouvoient pénétrersor quelle Place le Roi avoir deí desseins. Elles n'appre-notent que le matin le chemin qu’elles dévoient faire cha-que journée , & les ordres qui leur en étoient délivrésétoient entre les mains de personnes qui avoient ordre ellei-