des Places , 45
Si i’ennemi a une armée en campagne ,M. de Santa-Crux propose de faire toutesles dispositions nécessaires pour lui livrerbataille. Par-là on oblige souvent l’enne-mi de sottisier son armée par les garnisonsde ses Places j & íx l'on s'elì porté aíïèzavantageusement pour couper ensuite lacommunication de la Place avec l’arméeennemie , on peut ensuite en fairel’inves-tissement. L’habileté avec laquelle le Gé-néral peut se servir de ces différens moyens& des autres que la pratique de la guerredoit lui suggérer j peut lui servir pour exé-cuter son dessein avec plus de sûreté & defacilité. Ce qu’on peut dire en général surce sujet, c’est que, comme moins l’ennemiaura de tems pour se préparer à soutenir un
mêmes de n’ouvrir les dépêches du Roi qu’au momentque les troupes étoient en bataille pour partir du lieu oùelles avoient couché. Mans paroissoit être particulièrementmenacé. Le Roi avoit fait prendre Saìnt-Guillain au moisde Décembre précédent, pour donner encore plus d'inquié-rude aux ennemis fur cette Ville. Pour les éloigner davan-tage du véritable objet de l'entreprise, on forma en mêmetems Finvestillèment d’Fpres, Namur, Mons & Luxem-bourg. Le Gouverneur des Pays-Bas prit si bien le chano-equ’il ft sortir une partie de la garnison de Gand pour ren-forcer celle d'Fpres ; ensorte que Gand sè trouva investiau moment que l’ennemi ne s’y attendoit point, & qu'iîn’y avoit dans la Ville & la Citadelle qu’une trop foiblegarnison pour les défendre , ce qui les obligea de capituler*après six ou sept jours d’attaque , & que cette conquête necoûta au Roi qu’environ quarante hommes de tués & centde blessés.