fi DISCOURS
rendre les peuples heureux, et de les attacherà leurs gouvernemens , convenons quelleest totalement inconnue à nos administra-teurs modernes, que nos Richelieu , nosColhert, nos d’Ossat, nos d’Estrades , nepeuvent se comparer aux Licurgue, aux Pé-rielès, auxNuma, aux grands hommes d’étatde la Grèce et de Rome . Convenons que lesénat Romain , dans le temps de sa splen-deur , nous l'appelle cet Allas fabuleux , quisoutenoit le fardeau du monde ; tandis quenos gouvernemens ne sont que des machi-nes frêles et compliquées, auxquelles la for-tune et les circonstances impriment desmouvèmens irréguliers, incertains et passa-gers comme elles.
Je ne suis point admirateur aveugle desanciens. Je sais ce qu’une longue suite de siè-cles, les ténèbres de l’ignorance, le prestigede 1 histoire , la prévention de nos esprits,leur prêtent de colossal et de merveilleux. Jesais que, de meme que les astres voisins del’horison se peignent plus grands à nos yeux,que quand, plus rapprochés de nous,ils se-