I0 DISCOURS
ranniques, ignorantes, ou foibles ■ les for-ces des nations étouffées sous leurs vices;les intérêts particuliers prévalan t sur le bienpublic ; les mœurs, ce supplément des loissouvent plus efficace quelles , négligées oucorrompues ; l’oppression des peuples ré-duite en système; les dépenses des admi-nistrations plus fortes que leurs recettes ; lesimpôts au-dessus des facultés des contribua-bles ; la population peu nombreuse et clair-semée ; les arts de premier besoin négligés,pour les arts frivoles ; le luxe minant sour-dement tous les Etats ; les gouvernemensenfin indiflerens au sort des peuples, et lespeuples, par représailles, indifférons auxsuccès des gouvernemens.
Fatigué de tant de maux, sile philosophetrouve à reposer sa vue sur des objets plusconsolans , c’est sur quelques petits Etatsqui ne sont que des points dans l’Europe ;c est sur quelques vérités morales et, politi-ques , qui, filtrant lentement à travers leserreurs , se développeront peu à peu , par-viendront peut-être un jour aux hommes