144 essai general
parcoure l’histoire, on verra la cavalerie Aile-*mande, toujours pesante, tenir aux lances,aux armures de toutes pièces , eseadronnersur trois rangs , et pouvoir , ainsi formée , enenvoyer un à la charge et contenir les deuxautres. L’infanterie de celte nation éloit toutecomposée de gens de traits et d’arquebusiers,la première de l’Europe pour les armes de jetet de feu , la plus molle pour les attaques, etpour les combats de corps à corps. L’infanterieSuisse , armée de piques, étoit propre à tousles ordres de consistance et de profondeur , àcause de son phlègme, et de l’ordre inalté-rable quelle observoit dans ses lilcs : il enéloit de meme de l’infanterie Espagnole. Il éloitalors à peine question en Europe des Russes et tles Prussiens. Les Danois, constitués à-peu-près comme les peuples du nord de l’Allemagne ,se modeloient sur eux. Il en éloit ainsi desSuédois, à l’exception de cette époque brillanteet passagère qu’ils eurent sous Gustave. LesFrançois étoient sans ordre et sans discipline,peu propres aux combats de feu et de plaine ,redoutables dans toutes les attaques de posteset d’épée. Ils avoient alors, comme aujourd’hui,ce premier moment de vigueur et d’impétuo-sité ; ce choc, qu’un jour rien n’arrête , et quele lendemain un léger obstacle rebute ; ce