DE TACTIQUE. 145mélange incroyable d’un courage quelquefoisau-dessus de toul, et d’une consternation por-tée quelquefois jusqu’à lu foiblesse. Notre ca-valerie fut la première à renoncer à la forma-tion de profondeur , à cause de la difficultéquelle trouvoit à observer ses files. Toute la
cavalerie de l’Europe avoit conservé ses armesdéf ènsives , faisoit usage du feu , comballoitsur trois rames, en masse, et au trot ; la notreseule étoit nue , armée d’épées , formée sur
deux rangs, et alloit à la charge, à l-utes jam-bes » et sans ordre. Les Anglais n’avoient pointde tactique , rarement de grands généraux ;tuais uu ordre qui lient à la trempe de leursâmes ; un courage peu capable d’offensive ,
mais difficile à faire reculer; ils attendoient,dit un historien , en parlant des journées deVerneuil, de Crecy , d’Azincourl, que l’igno-
rance et l’impétuosité Française vinssent sebriser contre leur sang froid et leurs palissades,il est intéressant, pour la philosophie, de re-marquer combien le caractère des nations sot’etrouvoit ainsi dans leur milice , et par quelle^évolution il est devenu moins sensible et moins