23a ESSAI G È N E R A L
Tout ce qu’on peut dire de certain , c’estque la portée des fusils, dont notre infanterieest armée, est sous une direction à - peu - prèsliorisontale d’environ 180 toises; c’est pour celaque, dans la construction des places de guerre,on a déterminé entre 120 et 140 toises la lignede défense , depuis le liane jusqu’à l’angle flan-qué, le reste de la portée devant passer le fosséet atteindre le cliemin couvert. Je ne parlepas des portées sous des angles de projection tropélevés , parce qu’à la guerre on ne doit pres-que jamais tirer ainsi et qu’elles sont aussi in-calculables qu’incertaines; les balles frappentalors communément jusqu’à cinq ou six centstoises, et quelquefois à des distances bien pluséloignées. Ce qu’il y a de certain encore, c’estqu’une balle tirée à charge ordinaire de fusil,et suivant une ligne parallèle à l’horison , nedécline guères de plus d’un pied et demi, oudeux pieds , avant d’atteindre à deux cents toi-ses ; tandis qu’un trait lancé par l’arbalêtre,qui de toutes les armes de jet, est celle quichasse un corps avec le plus de roi (leur et devitesse, baisse de trois pieds avant d’arriver àun but de cinquante toises seulement.
Quoique la portée horisontaledu fusil puisseêtre estimée jusqu’à 180 toises, ce-n’est guèresqu’à 80 toises que le feu de l’infanterie com-