244 ESSAI GENERALle bataillon voisin. C’est cette théorie des tirsqu’il est bien important que les officiers mé-ditent et réduisent en pratique. D’elle peut dé-pendre , je crois, le succès de la plus grandepartie des actions de guerre , soit qu’on dé-fende un poste, soit qu’on l’attaque; car réunirle plus de feux possibles sur le point qu’onveut attaquer ou défendre ; occuper les saillansqui le flanquent ou qui l’enfilent ; multiplierles feux de ces saillans, et assujetir l’ennemi àpasser sous eux, si l’on défend ; les éviter oules éteindre , si l’on attaque : tout cela est duressort de la tactique , comme de la sciencedes fortifications ; tout cela se peut en cam-pagne et avec des bataillons , sans retran-chement , comme derrière des remparts ou destranchées ; mais il faut pour cet effet que lesofficiers connoissent les différences des di-rections des feux , les effets qui en résul-tent , et que les soldats soient exercés en con-séquence.
Il me reste à parler des différentes sortes defeux, c’est-à-dire , des différentes manières defaire tirer l’infanterie. Je serai court sur cetobjet ; car il ne faut que des feux simples, pos-sibles à la guerre, et que les soldats sachentexécuter dès le premier jour qu’on les rassem-blera en bataillon.