I) E T A C T I Q U E. 245
J’ose d’abord avancer qu’il 11’y a qu’uneespece de feu convenable à l’infanterie réglée,le feu de pied ferme. Cette assertion paroîtrabien liardie, quand on songera que le roi dePrusse a introduit, et paroît faire cas de ce qu’onappelle dans ses t roupes le feu de charge ;quand il a dit lui-même qu’on ne pouvoit me-ner de l’infanterie à l’ennemi sans tirer : voicisur quoi je fonde mon opinion.
Ou des obstacles insurmontables séparent del’ennemi, ou il y a possibilité de le joindre.Dans le premier cas , voilà nécessairement l’ac-tion réduite à un combat de mousqueterie depied - ferme. Dans ce second , je pense qu’illaut marcher sans s’arrêter et sans tirer. Mar-cher en tirant ou s’arrêter pour tirer, c’est ra-lentir son mouvement, c’est essuyer plus de feuqu’on n’en fait essuyer, et un feu bien plusmeurtrier, puisque celui de l’ennemi que jesuppose ou posté ou arrêté, est bien plus vif etbien mieux ajusté ; c’est enfin perdre l’avantagedécisif de l’assurance qu’un mouvement promptet audacieux imprime à la troupe qui le fait,tandis que l’ennemi voyant qu’on arrivemalgréson feu, s’étonne et chancelé. Qui connoît lanation franooise, qui l’a vue à la guerre, trou-vera cette dernière raison sans répliqué.
Dans quelle autre occasion voudra-t-on ti-