2 33 ESSAI G E N F. R A L
Cependant, soit qu’on se Halte d'approchef'de cette pression chimérique , soit qu’on selaisse guider en cela par la routine, commeen tant d’autres choses , voici comment seforment toutes les attaques en colonne. Ons’ébranle, on approche de l’ennemi, on crieaux soldats , serrez, serrez. L’instinct machi-nal et moutonnier qui porte tout homme à sejeter sur son voisin, parce qu’il croit par-là semettre à l’abri du danger, ne porte déjà quetrop à l’exécution de ce commandement; lessoldats se pressent donc , les rangs se confon-dent ; bientôt, au rang du front et aux files ex-térieures près , qui conservent quelque libertéde mouvement , la colonne ne forme plusqu’une masse tumultueuse et incapable demanoeuvre. Que la tête et les flancs de cettecolonne soient battus d’un feu vif, que dupremier effort elle ne surmonte pas les obstaclesqu’elle rencontre, dès-lors les officiers ne peu-vent plus se faire entendre, il n’y a plus dedistance entre les divisions, le soldat étourdise met à tirer en l’air , la masse tourbillonné »se disperse et ne peut se rail ïer qu’à une dis-tance très - éloignée. Quelques-unes de cC *attaques réussissent cependant, parce que l’eu-nemi se défend mollement, parce qu’il s’ef'fraye de cette masse d’hommes qui arrive à lu4