388 ESSAI GENERAL
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CHAPITRE Y.
Ecole du cavalier.
Il faut beaucoup de temps pour former unbon cavalier. Ce que j’entends par un boncavalier, ce n’est point un homme exercé àmanier son cheval avec grâce et adresse, cen’est point un écuyer; c’est un homme robuste,placé à cheval ainsi qu’il doit l’être, relative-ment à la structure de son corps , et à la facilitéla plus grande de le gouverner, le gouvernantet lé dirigeant à son gré, mais plutôt par l’épe-ron et le poignet, plutôt par sou él reinte et sonassiette vigoureuse, que par les aides et toutesles finesses de l’équitation ; c’est un hommeintrépide à cheval, qui , moins instruit quebrave, n’imagine rien d’impossible pour soncheval et pour lui ; c’est en outre un hommequi aime son cheval, qui le soigne , comme unfantassin doit soigner son fusil ; qui connoissetous les détails journaliers nécessaires à sa con*servation ; qui ail fait plusieurs campagnes ; etqui, par conséquent, familiarisé avec les com-bats , les fatigues, les accidens, ne soit étonnede rien. Lorsque dans la guerre fabuleuse desCentaures, les Grecs parlent de ces intrépidesChiron , Orion et autres à la tête chenue et au*