456 ESSAI GENERALpour avoir une opinion à moi ; et à quoi ser-vent les discusions, quand elles ne répandentpas de lumières sur les objets qu’on discute?
S’il y a eu jusqu’ici tant de révolutions dansles systèmes d’artillerie ; si, de nos jours , lessentimens sont encore partagés sur une infinitéd’objets ; c’est que, dans un corps où il y anécessairement de l’étude et un travail habi-tuel , il faut que les esprits fermentent et agis-sent : eh ! gardons -nous de desirer , tant qu’unart n’est pas à sa perfection, que les idées soientstables et uniformes. Ce seroit un présage fâ-cheux d’engourdissement et d’ignorance.
La révol ution , qui s’est faite à la paix, abouleversé l’artillerie encore plus que les au-tres parties de notre constitution militaire. Cebouleversement a produit du bien et du mal ;c’est le sort commun des opérations humaines.Mais lequel a prévalu ? C’est ce que, sans en-trer dans les détails , je vais examiner en résu-mant les résultats.
On a changé la proportion des pièces et laconstruction des affûts. Un nouveau systèmed’artillerie de campagne et de siège s’est élevésur les débris de l’ancien. Ses adversaires pré-tendent que ces grands chaugemensont coûtédes sommes énormes. Je sais, moi, de sciencecertaine, qu’elles n’ont pas été telles : j’en ai