162 . Du Générai."
forces ne peut leur offrir des motifs qui les en-gagent à agir, et de la manière dont il le desire:il ne peut créer dans chacun un principe de mou-vement , il ne peut forcer chacun à agir ; toutce qu’il peut, c’est persuader et diriger : et voilàen quoi l’autorité, qui est la puissance morale,diffère de la force, qui est la puissance physique.Ses ordres restent sans effet au moment que l’ar-mée , ou la plus grande partie de l’armée refuserad’obéir. La supériorité de rang n’a plus lieucontre la supériorité de forces j et l’autorité,née de l’opinion, disparaît avec elle ; il n’est doncpas sûr de s’y confier sans réserve. Dans les casordinaires, et sur le pied où sont nos arméesmodernes , le commandement seul donne assezd’autorité 5 mais dans bien des occasions, et sur-tout dans les circonstances extraordinaires , ildevient bien insuffisant pour quiconque n’a pasle talent de persuader, et cet art de ranimer lecourage du soldat quand il est abattu, ou de lecalmer et de l’enchaîner par la parole quand ildevient tumultueux et insolent, de manière à sarendre maître absolu des esprits, et à disposerdes forces de tous avec une autorité illimitée.Voilcà ce que j’appelle la philosophie de laguerre , et ce que je regarde comme la partie del’art la plus difficile, la plus sublime, et telleenfin qu’aucune profession, aucun art n’en offrede pareille j elle suppose une profonde connais-