DESPOTIQUE. 22.3.
mais leur fougue et leur emportement les ren-dent extrêmement dangereuses , si on n’y op-
deux dernieres guerres des Russes contre les Turcs, parleainsi en détail de leur manière de combattre qu’il avaitobservée dans plusieurs batailles.
«Dans une bataille en plaine, s’ils sont les attaquans,ils courent à l’ennemi en grands troupeaux ; et commeils ne tiennent point de rangs , il n’y a que ceux quisont devant qui puissent faire leur décharge : puis ilsprennent le sabre dans la main droite , et le fusil devantla tête, dans la gauche, pour écarter ou parer les coupsd’épée et de baïonnette que l’on pourrait leur porter.Tes derniers mettent ordinairement le fusil en ban-douillère derrière les épaules ; quelques - uns prennentaussi le pan de leur culotte dans la ‘bouche, et au signalils tombent sur les ennemis , tête baissée comme destaureaux, criant à gorge déployée dalla! alla! (Dieu ,Dieu ). C’est une pure fable, quand 1 on dît qu’ils atta-quent en pointe ou plutôt'en triangle ; mais Voici ce quien est. Comme ils forment une niasse fort épaisse, quise remue sans règle ; que tous les hommes ne courentpas également vite, et que les plus braves, lesquelsfont le plus petit nombre , sont ceux qui s’empressentd’arriver les premiers ; que parmi ceux-ci il s’en trouvequelques-uns qui dévancent les autres , il paraît de loinqu’ils forme le caput porcinum d’Ælien. Il est certainque de cette façon ils peuvent entrër dans l’infanteriela plus brave du monde , sur-tout si elle n’est que surtrois rangs ; car les 'enfans perdus ou volontaires quêl’on peut comparer à nos grenadiers , mais rie subsistantque pour un certain tems , comme je l’expliquerai dans lasuite ; ces enfans perdus , dis-je , qui par-tout sont à la