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queur, ils se retirent, ou plutôt s’enfuient âtmesure qu’il avance , abandonnan t leurs postessuccessivement, et enfin ils évacuent toute laprovince. II ne vous reste qu’à marclier vers la■Capitale , que vous trouverez sûrement aban-donnée.
Le Sultan , abruti dans une ignorance imbé-cille, enivré jusqu’alors de flatteries , de pré-somption, et d’un sot orgueil qui lui exagéraitsa puissance , est réveillé tout-à-coup par la ter-reur et par les cris tumultueux de la canaille enalarmes, et d’une armée mutinée ; il ne lui restade ressource qu’une fuite précipitée. Dès que la•despote a disparu, il n’y a plus de résistance,toute la force de l’Etat était dans l’armée qui estdissipée. Il est donc de principe, en pareil cas,dès qu’on a battu l’armée, de la poursuivre avecvigueur. On est assuré que la conquête rapide etcomplète de tout l’Empire, sera le prix de lavictoire 5 il s’agit seulement de s’assurer de sessubsistances, afin que rien ne retarde la marche.
En général, les empires despotiques sont trés-étendus, ce qui entraîne deux grands inconve-niens : premièrement la faiblesse de leurs fron-tières , à raison de l’immensité -, et ensuite ladifficulté d’amener de si loin les troupes, ce quiretarde l’ouverture de la campagne ; d’autantque leurs armées sont embarrassées d’une fouledémesurée d'équipages et de suivans de toute*