M O N A B. C H IQUB.
que la liauLe Noblesse soit toute dévouée à laCour.
Les gens de robe tirent toute leur importancede leur attachement aux lois. Il est donc simpleque ce corps cherche toujours à en maintenirl’exécution contre les entreprises du gouverne-ment , qui les regarde sans cesse comme unebarrière à l’autorité arbitraire. En réduisant lenombre des Magistrats, on parvient à les inti-mider ou à les corrompre , et il en résulte latyrannie juridique, la pire de toutes les oppres-sions ; telle qu’on la vit à Rome sous le gouver-nement des Césars.
Les autres classes de citoyens ont les yeuxélevés vers ceux-ci, qu’on regarde comme lesdéfenseurs des propriétés et des droits. Quelquesparticuliers peuvent céder aux séductions de laCour ; mais la masse entière des Magistrats nepourrait se laisser corrompre, au moins faudrait-il un tems très-considérable pour y parvenir,car leur plus grand intérêt est de conserver l’in-tégrité ; toute leur considération tient à leur in-corruptibilité.
Quoique dans une monarchie l’armée soit en-tièrement mercenaire , elle n’est cependant dé-vouée que jusqu’à un certain point au pouvoirarbitraire : la plupart des officiers étant tirés del'ordre de la noblesse , ont, sans le concours duPrince , des privilèges de naissance, et un état