MONARCHIQUE. 243
à la merci d’un pouvoir arbitraire, leur sembleterrible et insupportable : il n’y a sorte d’ef-forts dont ils 11e soient capables pour s’y sous-traire. Mais, en général, dans les monarchies,la noblesse remplit la Cour d'intrigues qui éloi-gnent les hommes de mérite et de probité ,et c’est ce qui rend toujours les opérations dugouvernement très-faibles dans les Etats mo-narchiques.
Dans cette forme de gouvernement il y aaussi peu d ensemble que dans la démocratie jce n’est que dans les grands dangers que lesentiment du péid laisse approcher du timonquelque pilote habile ; mais dès que la tempêteest appaisée , on se hâte de l’eloigner et de luisubstituer quelque intrigant, de sorte que legouvernement qui semblerait, par l’unité deson principe, devoir posséder une grande vi-gueur, est en effet faible et incertain, commele caractère des favoris qui se succèdent rapide-ment les uns aux autres. Dès que le theatrede la guerre se porte au loin, les opérationsd’un tel gouvernement sont sans vigueur et sansconsistance. Sa première impétuosité une foisjetée, ses efforts diminuent peu-a-peu, et lims-sent par tomber à rien.