AVANT-PROPOS.
des colonnes ennemies, ÿ porteront le désordre par unegrêle de coups de fusil bien ajustés, et compléteront ainsiune victoire après avoir commencé le combat.
Mais ce corps ne sera pas, en plaine, dans une affaire in*certaine, le mur de fer contre lequel viendront se briser,comme des vagues, les charges réitérées de la cavalerie laplus impétueuse. Ce beau rôle est réservé à l’infanterie deligne. Laissons-la donc entièrement s’adonner à la perfec-tion du maniement des armes et des mouvements en bataille;appliquons-la essentiellement à toutes les grandes manœu-vres qui peuvent se rencontrer dans la guerre, et abrégeonspour l’infanterie légère le temps de ces détails. Ne l’appli*quons, s’il le faut, qu’aux manœuvres qui se rencontrentordinairement, pour lui donner le temps de s’exercer etd’étudier les instructions que nous croyons devoir être par-ticulièrement proposées aux corps de cette arme.
Peu de livres ont traité convenablement cette matière.L’instruction du roi de Prussse à ses troupes est,. à la vé-rité , un modèle élémentaire ; mais, à mon gré, elle n’offrepas assez de détails pour l’infanterie légère, dont l’impor-tance et l’influence sont devenues si grandes pendant cettedernière guerre , qu’à mon avis elle a opéré une révolutiondans la tactique , puisque l’infanterie légère, dont on ne par-lait presque pas dans les batailles du dernier siècle, en a dé-cidé plusieurs dans le cours de cette guerre, et que la prisedes positions les plus importantes a dépendu souvent del’habileté de nos tirailleurs à les tourner.
Cette révolution dans notre tactique a rendu surannésles auteurs militaires qui avaient détaillé dans leurs diffé-rents ouvrages une partie du service attribué aux troupes