SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. S
Mais l’ordre , que le génie de Cyrus avait créé dansses armées,ne fut plusqu’une routine pour ses succes-seurs , qui ne fondèrent leur force militaire que surle nombre des peuples qu’ils menaient à la guerre ;l’on n’y voit plus rien de régulier que le corps desimmortels.
Ces armées innombrables , qui avaient inondél’Asie et qui menaçaient d’engloutir l’Europe , furentarrêtées aux journées de Marathon et de Platée ,par un petit nombre de Grecs qui avaient sur euxl’avantage de l’ordre et du courage , et l’amour dela liberté.
Sans doute la nécessité de résister à cette cavaleriebardée de fer , qui faisait la principale force desPerses , donna lieu à cette phalange profonde , hé-rissée de longues piques ; ordre connu des Grecs.
Mais la nécessité de la protéger dans ses mouve-mens , et d'écarter ces nuées de traits et de pierresque ces barbares faisaient pleuvoirsur ceux qui allaientà eux , fit qu’on mit à sa suite des archers et des fron-deurs, qui, exercés dès long-tems , réparaient, parla sûreté et la force de leurs traits , l’inégalité de leurnombre (i J.
(i) C’est ce qui se fit au commencement de la fameuseretraite des dix mille, par le conseil de Xénophon , acteur etauteur de l’histoire de cette immortelle expédition. Le batailloncarré que les Grecs avaient formé pour se mettre en marche ,ayant été très-incommt>dé la première journée, par les déta-chements de frondeurs que les Perses avaient lâchés contre eux,
i.