4 ESSAI HISTORIQUE
Je m’écarterais de mon but si je voulais entrer dansla recherche de tous les détails des tactiques an-ciennes ; je pourrais bien d’ailleurs , à l’exemple detous ceux qui ont écrit sur cette partie, ne composerqu’un système , et entrer, comme eux, dans unecarrière de discussions
Les principaux éléments de la phalange et de lalégion romaine sont connus ; mais comment désignertoutes les différentes manières dont elles ont com-battu ? Comment se représenter au juste leurs ba-tailles , lorsque nous n’avons peut-être pas encoreun récit bien exact d’une seule action de nos dernièresguerres ?
Les rapports officiels ne sont-ils pas plus brillansque descriptifs? Ne sont-ils pas influencés par lesaffections particulières de celui qui les compose, parl’amour-propre national, et l’intérêt de l’armée quine permet pas de donner au public la véritable ordon-nance des troupes , leur nombre et leurs manœuvres
on pourvut à cet inconvénient, en choisissant parmi les Rho-diens qui faisaient partie de la phalange, 200 hommes , quel’on arma de frondes, et dont on augmenta la paye pour lesencourager; et comme ils se servaient de balles de plomb,ils tiraient une fois plus fort que les Perses , qui se servaientde cailloux ; ainsi ils en garantirent facilement la grosse in-fanterie.
L’histoire de cette retraite est certainement le plus ancienet un des plus beaux monuments de tactique, et je suis fâchéque les bornes de mon ouvrage me privent de n’en pas citerdavantage.