10 ESSAI HISTORIQUE
d’Alexandre. Ce fut aussi à provenir ces mouvemensque le jeune conquérant s’appliqua, en employanttoutes les ressources de son génie et tout l’art de latactique grecque.
Il résolut d’attaquer le premier, pour porter ledésordre et la confusion dans l’ordre de bataille deson ennemi, et se chargea de cette attaque, enavançant à la tète de son aile droite, tandis queParménion , qui commandait la gauche, devait larefuser, et tâcher de se soutenir contre la nombreusecavalerie ennemie. L’aile droite était composée enconséquence de sa cavalerie d’élite, et surtout decelle de ces jeunes Macédoniens que Philippe avaitformés pour son fils, et que l’on appelait les compa-gnons du roi. Un corps de huit mille peltastes étaitentre cette cavalerie et les phalanges qui tenaient lecentre ; Parménion avait à la gauche un autre corpsdcpeltast.es, et l’autre partie de la cavalerie; mais,comme elle était trop faible pour résister à celle desPerses, elle était soutenue par un corps d'infanterielégère thrace. Ces Thraces devaient chercher eux-mêmes à gagner le flanc des ennemis, lorsqu’ils vou-draient tourner les Macédoniens et faire pleuvoir sureux une grêle de traits.
Alexandre avait, en outre, répandu au-devant deschariots armés de faux que l’ennemi avait sur sonfront, l’élite de ses frondeurs et de ses archers ; ilsdevaient accabler de traits les chevaux et les cochers,s’emparer de leurs sièges, et conduire les chars dontles chevaux n’auraient pas été tués, derrière la ligne