SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 4t
que les differentes troupes d’infanterie qui furentlevées pendant les guerres de religion , formèrent lenoyau des premiers régiments. Les guerres civilesaiguisèrent le courage de la nation française,mais n’agrandirent pas l’art militaire. Henri IV dompta la ligue avec les troupes telles qu’il les avaittrouvées constituées. On pourrait peut - être direque ce prince était plus vaillant capitaine que grandgénéral d’armée. Nous le voyons , à la batailled’Ivry , s’enfoncer de sa personne dans le formidablebataillon hérissé de piques, que le comte d’Egmontmenait contre lui, y courir les plus grands dangers,et mériter les reproches du maréchal de Biron,commandant de la réserve , qui, à la tète de sesbataillons , ne combattit pas , mais contribua beau-coup à la victoire, en se présentant à propos danstous les endroits où son secours était nécessaire. Cezélé serviteur ne put s’empêcher de lui dire d’unton vif, quand tout retentissait du cri de la victoire:« Sire , vous avez fuit ce que Biron devait faire , et» Biron ce que devait faire le roi. » Ce prince ,porté au trône de France autant par sa bravoure,sa prodigieuse activité, et une politique très-adroite,quoique voilée par une noble franchise, que par lesdroits de sa naissance, se contenta, lorsqu’il eutterrassé la ligue , de former en régiments plus régu-liers que les précédents , lés différentes troupes qu’ilcrut devoir conserver de tout ce que l’on avait levéde part et d’autre. Il n’était pas destiné à faireépoque' dans la tactique : un assassinat l’enleva à