SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 45
obligé à terrasser les murailles : mais l’applicationque Maurice fit des lignes de circonvallation ro-maines à ses armées de siège, n’en fit pas moins lasolidité de ses opérations, et devint un exemple quetoutes les armées , qui entreprirent des sièges régu-liers , suivirent.
Tandis que Turenne acquérait, dans les différentsgrades, le titre et les talents de général, le grandCoudé avait débuté en maître par la bataille deIlocroi. Les illuminations de. son génie (i) sup-pléèrent chez lui aux leçons de l’expérience : il étaitné ce que Turenne devint. 11 osa, à vingt-deux ans,malgré les ordres précis de la cour de France, quela mort récente de Louis XIII intimidait encoredavantage, se décider à cette fameuse bataille deIlocroi, où il détruisit cette vieille infanterie espa-gnole, réputée jusqu’alors invincible. Il fit plus, ilsut profiter de la victoire en prenant Thionville et enchassant les Impériaux de l’autre côté du Rhin ; eton le vit, dans les campagnes suivantes, à Fribourget à Nordlingen , donner au génie trop circonspectde Turenne des leçons d'audace que ce grand capi-taine sut tourner par la suite contre son maître,lorsque ce prince eut embrassé le parti des Espa-gnols.
Arrêtons - nous maintenant un moment sur la