46 ESSAI HISTORIQÜE
constitution (les troupes et la tactique de ce temps.Elle était enfin sortie du chaos où la décadencedes Romains et la barbarie des invasions l’avaientplongée ; ses principes , ressuscités par Gustave etpar Maurice, ayant été commentés et suivis parlesCondé , lesTurenne, les Monlecuculi, les Mercy,devinrent une loi que toute l’Europe s’empressa desuivre. En France , les régiments d’infanterie avaientété partagés en plusieurs bataillons ; les bataillonsétaient rangés sur six de hauteur , dont le tiers étaitarmé de piques et formait le centre. Les mousquetsavaient depuis long temps succédé aux vieilles arque-buses , mais on n’y avait pas encore adapté de bat-terie à pierre à feu ; de manière que le soldat étaitobligé de porter, lorsqu’il allait à l’ennemi, unemèche allumée, d’où vient ceLle réserve usitée dansles capitulations, de sortir tambour battant , mècheallumée. Quelques régiments avaient encore le poten tête ; mais c’était la seule arme défensive que lesgens de pied eussent conservée. L’infanterie étaitdonc divisée en deux armes : un tiers de piquiers,et deux tiers de mousquetaires. Ces derniers faisaienttout le service des troupes légères à pied ; car on voittous les détachements pour escorte, reconnaissances,fourrages ou autres opérations de la petite guerre,composés de mousquetaires. On avait conservé l’ha-bitude des enfants-perdus, même dans les bataillesrangées, et on les tirait des mousquetaires. C’étaientles tirailleurs de notre temps ou les vélites romains,engageant l’action par des escarmouches ; mais la