48 ESSAI HISTORIQUE
règne. Je parlerai un peu de cette arme, parce!qu'étant destinée à combattre à pied et à cheval,on peut la regarder comme une infanterie légèremontée. La guerre de coups de main qui avaiL lieudans le Piémont, fit imaginer au maréchal de Brissacde monter des compagnies d’arquebusiers : leurcélérité, leur intrépidité leur firent donner le nom dedragons , qu’ils conservèrent par honneur et commeun nom redoutable. Ils combattaient dans le prin-cipe , soit à pied, soit à cheval, non en escadronsni en bataillons serrés , mais sur plusieurs lignes éloi-gnées les unes des autres, de manière qu’après leurdécharge ils allaient à la queue de la file pour rechar-ger leurs arquebuses. Ils rendirent des services si-gnalés et se multiplièrent dans toutes les armées^Deux cents dragons sauvèrent Henri IV à la retraited’Aumale , en mettant pied à terre pour défendreune petite rivière que ce prince avait mise entre l’en-nemi et lui ; ils y combattirent jusqu’à la mort, etdonnèrent le temps à leur roi de se retirer devantdes forces très-supérieures qui l’avaient attaqué. Lesdragons furent pareillement formés en régimentssous Louis XIII ; ils escadronaient en ligne avec lacavalerie sous Louis XIV ; mais ils mettaient piedà terre lorsqu’il était question de forcer un retran-chement, un bois, un village ou un autre endroitinaccessible à la cavalerie. Les puissances étrangèresnous avaient imités, et c'étaient les seules troupeslégères connues de ce temps-là.
Les armées ainsi constituées, étaient fortes de