S3
SUR L’INFANTERIE LEGERE,prince de Condd eut sa revanche contre celles deTurenne à Valenciennes ; mais ce grand capitainene s’y laissa plus reprendre ; il quitta sa ligne autourde Dunkerque , et fut présenter la bataille des Dunesà l’armée espagnole, qui venait pour faire lever lesiège. Le duc d’Orléans avait bien le sentiment dela faiblesse de ces lignes de circonvallation, lorsqu’ilvoulait sortir de celles de Turin pour aller pré-senter la bataille au prince Eugène qui venait ausecours de cette ville ; et si Marsin ne lui eût pasopposé, pour y rester, la dictature secrète dontl’avait investi Louis XIV , la France n’aurait paseu à gémir d’une des défaites les plus désastreusesqu’elle ait essuyées.
J’aurais l’air, en m’étendant trop sur la guerrede ce siècle, de m’écarter de mon sujet, puisqueles opérations demandaient si peu de troupes légères,et que l’on ne connaissait point précisément de corpsd’infanterie de cette arme ; je n’en dirai que ce quiest nécessaire pour lier mon sujet. Les armées deLouis XIV s’accrurent avec sa prospérité. Les puis-sances de l'Europe l’imitèrent, et l’on vit les géné-raux écrasés sous le poids de ces grandes armées.Turenne ne voulait que de petites armées ; et c’estlorsqu’il en commanda de moins nombreuses , qu’ilfit le plus grandes choses. Il n’avait que vingt millehommes dans cette belle campagne en Alsace , où,après avoir battu les uns après les autres, Caprara,le prince de Lorraine , et Eournonville , général desImpériaux, il vint la couronner en se jetant, par