£4 ESSAI HISTORIQUE
une marche savante et rapide, au milieu des quar-tiers d’hiver qu’une nouvelle armée de soixante-dixmille Allemands venait de prendre en Alsace ; arméequ’il battit en détail, dispersa et chassa de cetteprovince qu’elle venait d’envahir. C'était avec unearmée moins nombreuse encore, que ce héros fit,sur la rive droite du Rhin , contre le célèbre Mon-técuculi, cette savante campagne qui fut pour luile dernier chant du cygne, puisqu’il y finit sa car-rière au champ d’honneur.
Le monarque français ouvrit la campagne de laguerre, qu’il entreprit en 1688, par des armées desoixante , quatre - vingt à cent mille hommes. Onlui en opposa d’aussi fortes ; il aurait fallu, pourremuer de si grandes masses, de nouveaux principesde tactique , et surtout une nouvelle ordonnancedans la composition et les manœuvres des troupes.Catinat et Luxembourg y suppléèrent par leur génie,et soutinrent, en Italie et en Flandre, la supérioritédes armes françaises ; mais Louis XIV et son am-bition survécurent à la carrière de ces grands capi-taines. Son règne avait déjà vu s’écouler deux âgesd’hommes habiles (i) ; il entreprit la guerre de suc-cession sous le troisième. Déjà la France commen-çait à être épuisée et à manquer de ces rares géniesqui, dans tous les genres, avaient jusqu’alors illustré