58 ESSAI HISTORIQUE
armées , tout en suivant la méthode, l’interver-tirent , puisque deux ailes de cavalerie composèrentle centre que tenait d’ordinaire l’infanterie. Unruiseau coulait sur le front de cette armée , dont ladroite était appuyée au Danube qui la séparait del’ennemi : il était très-difficile de le passer s’il eûtété défendu; mais il ne fut ni gardé, ni observé. Lespremiers mouvements des ennemis furent pris pourdes dispositions de retraite ; ils occupèrent sans lamoindre contestation un bois qui était vis à-vis deleur droite ; et qui masqua leur attaque de ce côté.Ils passèrent enfin le ruisseau sans que l'on s’enaperçût ; et lorsqu’ils attaquèrent l’armée française ,il n’y avait d’autres dispositions de faites, que laprécaution que l’on avait eue de faire prendre lesarmes aux troupes, et de jeter force infanterie dansles villages qui étaient à la droite et à la gauche deleur ligne ; de manière que les Impériaux la trou-vèrent à peu près en bataille comme elle était cam-pée. Ils l’avaient prévu, en fortifiant l’infanterie quitenait leur centre, de plusieurs lignes de cavalerie.La cavalerie française , qui composait le centre, ne'pouvant résister aux décharges de l’infanterie desalliés, fui mise en déroute. Le centre se trouvadonc percé et l’armée séparée. Marsin , qui avaitcependant jusqu’alors résisté avec succès, se voyantcoupé , fit sa retraite; Tallart ayant été pris , soncorps ne reçut plus d’ordre, et l'on vit capitulerhonteusement 27 bataillons et 12 escadrons dansBleinheim, village situé au centre de l’aile droite.